Nos futurs rapports à l’objet

piece2Je rebondis sur l’article très intéressant vu sur webworkerdaily.com « the future of work from bits to atoms ». L’auteur, Imran Al, pose la question de la fabrication des objets et surtout le moyen de nous les procurer dans les années à venir. En effet, le développement d’internet, de l’échange des informations et des imprimantes 3D (voir vidéo plus bas) laissent présager des mutations profondes des codes du design d’objet.

Imprimante 3D ?

Bon désolé, je n’ai trouvé que cette pub kitch dégueulasse pour montrer le principe d’une imprimante 3D. Il existe plusieurs technologies et en gros elles vous permettront bientôt de fabriquer des objets en volume aussi simplement que nous imprimons aujourd’hui nos feuilles.

Pour le moment, c’est énorme, moche, long, très cher et uni-color. Mais bon si on fait l’analogie avec les ordinateurs, je prends le pari que dans moins de 10 ans, nous aurons tous une jolie petite imprimante 3D à moins de 150 euros avec des cartouches à prix raisonnable.

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Les applications

Il existe déjà des sites communautaires qui fédèrent ceux qui « veulent » et ceux qui « font », notamment l’excellent Ponoko ou encore Shapeways. Ces sites permettent de faire des commandes pour la fabrication d’objets personnalisés. Ces nouveaux modèles économiques explosent complètement les archétypes des processus de fabrication actuels d’un objet, genre : client>étude>commande>conception>fabrication>industrialisation>diffusion. Ils offrent un nouveau service adapté à des besoins spécifiques, l’offre et la demande n’ont jamais été aussi proches.

Imaginez, vous avez besoin d’une poignée de porte sur mesure. Vous en faites la demande via un site où vous pouvez faire vous-même la pièce et vous recevez le fichier dans l’instant pour vous l’imprimer vous-même ! Fou, hein ! surtout que le site Thingiverse est déjà sur le coup ! A voir aussi le site d’objets open-source Flexiblestreams et l’édito, un fabricant de meuble sur mesure en commande numérique.

Je profite également de cet article pour ressortir cette vidéo qui a déjà beaucoup tourné sur le net. Les trois jolies suédoise du studio Front design ont expérimenté la création de mobilier en couplant une imprimante 3D et un ingénieux système de caméras et de capteurs. Elle ont ainsi généré directement en 3D les « croquis »  de meubles qu’elles dessinaient dans le vide.

Piratage d’objet !

Qui dit objet fabriqué à la maison, dit piratage. Si les imprimantes 3D se démocratisent et que l’on peut imprimer à souhait ses objets, je vois déjà venir des sites de téléchargement où vous pourrez charger gratuitement le fichier 3D de la dernière table basse de votre designer préféré. La question de la propriété intellectuelle sera plus actuelle que jamais.

En conclusion

Je trouve ces perspectives fabuleuses et excitantes. C’est réellement frustrant de voir les merveilles de jeunes designers sur le web qui en restent finalement au stade du joli coup de communication. Faire sortir un objet est un véritable parcours du combattant et je me plais à croire que ces nouvelles pratiques faciliteront l’émergence de nouveaux talents et produits. Les éditeurs d’objets ont intérêt de bien négocier cette vague qui arrive sinon ils se planteront comme leurs amis des maisons de disques suite aux évolutions de l’industrie musicale depuis les années 2000.

A quand la section imprime moi un objet ? Cela viendra plus vite que ce que l’on pense.

Crédits photos // zcorporation